
Youssef Chahine naît le 25 janvier 1926, à Alexandrie, d’un père libanais et d’une mère égyptienne. De culture arabe mais de confession catholique, il fait ses études à l’école Saint-Marc puis au collège anglais Victoria. Après son baccalauréat, il part en Californie étudier l’art dramatique et les techniques du cinéma, pour trois ans, à la «Pasadena Playhouse».
Peu après son retour d’Egypte, alors qu’il travaille pour le service publicité de la Twenty-Century-Fox au Caire, Youssef Chahine rencontre Alevise Orfanelli, grand chef-opérateur et réalisateur, pionnier du cinéma égyptien, qui lui ouvre les portes de la production en 1949. Il tourne ainsi son premier film, «Papa Amine»., une comédie familiale avec Hussein Riad et Faten Hamama. L’année suivante, il réalise «Le fils du Nil» qui sera présenté dans la compétition du Festival de Cannes en 1952. En 1954, il révèle Omar Sharif, second époux de son actrice fétiche Faten Hamama, dans «Soleil éclatant», un drame sur l’abus de pouvoir des pachas, qui sera également présenté sur la Croisette.
Dès lors, Youssef Chahine va diriger une quarantaine d’autres productions qui vont faire de lui un défenseur acharné des libertés et un pourfendeur de toutes formes d’intégrisme. Une œuvre et une vie de combat consacrées à dénoncer l’intolérance, ce qui lui causera des problèmes avec la censure de son pays et parfois aussi la prison. En 1956, «Les eaux noires», est le premier film arabe qui évoque la dure réalité de la classe ouvrière. L’année suivante, il assoie définitivement sa notoriété avec «Gare Centrale» où il interprète un simple d’esprit devenu criminel. En 1959, il rend hommage à une résistante algérienne avec «Djamila», adapté du roman de Abder Rahman el Charkhani. Avec sa fresque historique sur «Saladin» (1962) il prône la tolérance et le rassemblement arabe. Youssef Chahine analyse la société de son pays dans «L’aube d’un nouveau jour» (1963). Le cinéaste évoque la collusion des grand propriétaires avec l’occupant anglais dans «La terre» (1968), il dépeint le portrait critique d’un l’intellectuel dans «Le choix» (1969 et dénonce la dégradation de l’Etat par les affairistes dans «Le moineau» (1973). Toujours en marge du cinéma oriental, il se lance dans le récit autobiographie avec «Alexandrie pourquoi?» (1977), premier volet d’une série de quatre films, suivi de «La mémoire» (1982), «Alexandrie encore et toujours» (1990) et «Alexandrie... New York» (2003).
En 1984, année de «Adieu Bonaparte», reconstitution historique avec Patrice Chéreau dans le rôle titre, le réalisateur toujours aussi frondeur est emprisonné pour avoir diffusé un film interdit par la censure. Par la suite, il offre son meilleur rôle à la chanteuse Dalida dans «Le sixième jour» (1986). Puis nouveaux scandales avec «L’émigré» (1994) où il filme la vie du prophète Joseph incarné par Michel Piccoli et avec «Le destin» (1996), où il brosse de façon tragique et philosophique un portrait de l’intégrisme islamique. Une carrière couverte de récompenses et de succès, couronnée en 1997 par le prix du Cinquantième Festival à Cannes, qui s’achève en 2007 avec «Le chaos», un pamphlet sur les dérives de son pays. Foudroyé par une hémorragie cérébrale en juin 2008 qui le laisse dans le coma, il est hospitalisé en région parisienne puis rapatrié au Caire où il meurt le 27 juillet. Youssef Chahine laisse derrière lui une œuvre engagée et contestataire, de grande qualité, bien différente du cinéma traditionnel égyptien.
© Philippe PELLETIER

| 1949 | Papa Amine ( baba Amin / بابا أمين ) de Youssef Chahine
avec Hussein Riad
+ sujet |
| 1950 | Le fils du Nil ( ibn el Nil / ibn al-Nil / بن النيل ) de Youssef Chahine avec Shukry Sarhan |
| 1951 | Le grand bouffon (al muharrij al-kabir ) de Youssef Chahine
avec Faten Hamama
+ scénario |
| 1952 | La dame du train (sayedat al-qitar / sayyidat al-qitar ) de Youssef Chahine avec Yehia Chahine |
| 1953 | Femmes sans hommes (nissae bila regal / nisa’ bila rigal ) de Youssef Chahine
avec Imad Hamdi
+ scénario |
| 1954 | Soleil éclatant / Ciel d’enfer (siraa fil-wadi / sira fi alwadi / صراع فى الوادى ) de Youssef
Chahine avec Omar Sharif
+ scénario |
| 1955 | Le démon du Sahara ( shaytan al-sahra ) de Youssef Chahine avec Myriam Fakhr Eddine |
| 1956 | Les eaux noires / Lutte sur les quais (siraa fil-mina / sirâ fi-l-mînâ / صراع فى الميناء ) de
Youssef Chahine avec Ahmed Ramzy
+ scénario Adieu mon amour ( wadda’tu hubbak / wadda’ tou houbbak ) de Youssef Chahine avec Farid Al Atrache |
| 1957 | Ma chérie / C’est toi mon amour (inta habibi / enta habibi / نت حبيبي) de Youssef Chahine
avec Farid Al Atrache
Gare centrale ( bab el hadid / باب الحديد ) Youssef Chahine avec Hassan el Baroudi + interprétation |
| 1958 | Djamila, l’algérienne / Djamila ( Djamilah ) de Youssef Chahine avec Magda |
| 1959 | À toi pour toujours ( hubb lel-abad ) de Youssef Chahine
avec Mahmoud El-Meliguy
Entre tes mains ( bein edeik ) de Youssef Chahine avec Shukry Sarhan |
| 1960 | L’appel des amants / La complainte des amoureux (nida al’ushshaq ) de Youssef Chahine avec Abdel Ghani Kamar |
| 1961 | Un homme dans ma vie ( rajul fi hayati ) de Youssef Chahine avec Samira Ahmed |
| 1962 | Saladin (el naser Salah el Dine / al-nâsir Salah Eddine / لناصر صلاح الدين ) de Youssef
Chahine avec Ahmed Mazhar
+ scénario & production |
| 1963 | L’aube d’un nouveau jour ( fagr yom gedid / fajr yawn jadid ) de Youssef Chahine
avec Sanaa Gamil
+ interprétation |
| 1964 | Le vendeur de bagues ( biya el-khawatim ) de Youssef Chahine avec Fairuz |
| 1965 | Un jour, le Nil / Les gens du Nil (al-nass wal Nil / al-Nil wal-Hayat ) de Youssef Chahine avec Soad Hosny |
| 1966 | Sables d’or ( rimal min dhahab ) de Youssef Chahine
avec Faten Hamama
+ scénario |
| 1967 | CM La fête de Mairun ( id al-Mairun ) de Youssef Chahine |
| 1968 | La terre ( al-ard / el ard / لأرض ) de Youssef Chahine avec Hamdy Ahmed |
| 1969 | Le choix ( al-ikhtiyar / لإختي ) de Youssef Chahine
avec Soad Hosny
+ scénario Tanit d’Or au festival du cinéma de Carthage, Tunisie |
| 1972 | CM Salwa ou la petite fille qui parle aux vaches ( Salwa ) de Youssef Chahine
+ scénario CM En avant ! ( intilak / al-intilaq ) de Youssef Chahine |
| 1973 | Le moineau ( al-asfour / al ousfour / لعصفور ) de Youssef Chahine
avec Ali El Scherif
+ scénario |
| 1975 | Le retour de l’enfant prodigue ( awdat al ibn al dal / awda al-ibn ad-dal / عودة الإبن الضال )
de Youssef Chahine avec Mahmoud El-Meliguy
+ dialogues & scénario |
| 1977 | Alexandrie pourquoi ? ( Iskanderija... lih? / سكندرية .. ليه؟ ) Youssef Chahine
avec Naglaa Fathy
+ dialogues, scénario & production Ours d’Argent, prix Spécial du Jury, au festival international du cinéma de Berlin, Allemagne Diplôme C.I.D.A.L.C. au festival international du cinéma de Berlin, Allemagne Le porteur d’eau est mort ( al-saqqa mat ) de Salah Abou Seif avec Hassan Hussein Seulement production |
| 1978 | Chafika et Metwal ( Shafika we Metwali ) de Aly Badrakhan
avec Ahmed Zaki
Seulement production |
| 1981 | CM Cinématon : Youssef Chahine – de Gérard Courant
Seulement apparition |
| 1982 | La mémoire ( hadduta misrija / hadduta misriyya ) de Youssef Chahine
avec Mohsen Mohieddin
+ scénario & production |
| 1984 | Adieu Bonaparte ( weda’an Bonapart / وداعا بونابرت ) de Youssef Chahine
avec Patrice Chéreau
+ dialogues & scénario DO Patrice Chéreau : L’envers du théâtre – de Arnaud Sélignac avec Ann Murray Seulement apparition |
| 1986 | Le sixième jour ( al-awm al-sadis / ليوم السادس ) de Youssef Chahine
avec Dalida
+ adaptation, scénario & interprétation |
| 1988 | Vol d’été ( sarikat sayfeya ) de Yousry Nasrallah
avec Ahmad Mohamad Ahmad
Seulement production |
| 1989 | DO L’Après-Octobre – de Merzak Allouache
avec Isabelle Adjani
Seulement apparition |
| 1990 | Alexandrie encore et toujours ( Iskanderija, kaman oue kaman / سكندرية كمان وكمان ) de
Youssef Chahine avec Hesham Selim
+ scénario & interprétation |
| 1991 | CM Le Caire raconté par Youssef Chahine ( El-Kahira menawara bi ahlaha / لقاهرة منورة بأهله )
de Youssef Chahine avec Khaled Nabawy
+ scénario |
| 1994 | L’émigré ( al-mohager / لمهاجر ) de Youssef Chahine
avec Michel Piccoli
+ scénario |
| 1995 | DO Lumière et compagnie – de Merzak Allouache, Theo Angelopoulos, Vincente Aranda, Gabriel Axel, Bigas Luna, John Boorman, Youssef Chahine, Alain Corneau, Costa- Gavras, Raymond Depardon, Jaco Van Dormael, Francis Girod, Peter Greenaway, Lasse Hallström, Michael Haneke, Hugh Hudson, James Ivory, Gaston Kaboré, Abbas Kirostami, Cédric Klapisch, Andreï Konchalovski, Patrice Leconte, Spike Lee, Claude Lelouch, David Lynch, Ismail Merchant, Claude Miller, Sarah Moon, Idrissa Ouedraogo, Arthur Penn, Lucian Pintilie, Jacques Rivette, Helma Sanders-Brahms, Jerry Schatzberg, Nadine Trintignant, Fernando Trueba, Liv Ullmann, Régis Wargnier, Wim Wenders, Yoshishige Yoshida & Yimou Zhang |
| 1996 | Le destin ( al-massir / لمصير ) de Youssef Chahine
avec Nour El Sherif
+ dialogues & scénario Prix OCIC au festival international du cinéma de Amiens, France |
| 1997 | CM Dix films contre cent millions de mines – de Youssef Chahine
CM Lumières sur un massacre , ce n’est qu’un pas – de Youssef Chahine avec Mohamed Ragab |
| 1998 | L’autre ( el akhar / al-akhar / لآخر ) de Youssef Chahine
avec Mahmoud Hemida
+ scénario Prix François Chalais au festival du cinéma de Cannes, France |
| 1999 | Silence… on tourne ( skoot hansawwar / سكوت .. حنصور ) de Youssef Chahine
avec Ahmed Wafik
+ scénario & chansons |
| 2002 | 11’09’’01 : September 11 – de Youssef Chahine, Amos Gitai, Alejandro González Iñárritu,
Shohei Imamura, Claude Lelouch, Ken Loach, Samira Makhmalbaf, Mira Nair, Idrissa
Ouedraogo, Sean Penn & Danis Tanovic
avec Ahmed Haroun
+ scénario – Segment « Egypte » Prix de l’UNESCO au festival du cinéma de Venise, Italie |
| 2003 | Alexandrie... New York ( Iskanderija... New York / el ghadab / York / سكندرية .. نيويورك )
de Youssef Chahine avec Mahmoud Hemida
+ scénario |
| 2004 | DO Epreuves d’artistes – de Samuel Faure & Gilles Jacob
avec Pedro Almodóvar
Seulement apparition |
| 2005 | DO There is no direction – de Sarah Bertrand
avec Spike Lee
Seulement apparition |
| 2006 | Chacun son cinéma ou ce petit coup au cœur quand la lumière s’éteint et que le film
commence – de Theo Angelopoulos, Olivier Assayas, Bille August, Jane Campion,
Youssef Chahine, Kaige Chen, Michael Cimino, Ethan Coen, Joel Coen, David
Cronenberg, Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, Manoel de Oliveira, Raymond
Depardon, Atom Egoyan, Amos Gitai, Alejandro González Iñárritu, Hsiao-hsien Hou,
Aki Kaurismäki, Abbas Kiarostami, Takeshi Kitano, Andrei Konchalovsky, Claude
Lelouch, Ken Loach, David Lynch, Nanni Moretti, Roman Polanski, Raoul Ruiz,
Walter Salles, Elia Suleiman, Ming-liang Tsai, Gus Van Sant, Lars von Trier, Wim
Wenders, Kar Wai Wong & Zhang Yimou
+ scénario & interprétation – Segment « 47 ans après » Ouija – de Khaled Youssef avec Sherif Mounir Seulement apparition |
| 2007 | Le chaos ( heya fawda / هي فوض ) de Youssef Chahine & Khaled Youssef
avec Khaled Saleh
+ scénario |
| AUTRES PRIX : | |
Prix du Cinquantième Anniversaire, pour l’ensemble de sa carrière, au festival du cinéma de Cannes, France ( 1997 ) | |



