
Simone Signoret naît Henriette Charlotte Simonne Kaminker, le 25 mars 1921, à Wiesbaden, capitale de la Hesse, où son père, qui fait partie des troupes françaises d’occupation, est cantonné. De retour en France, les Kaminker vivent à Neuilly-sur-Seine, riche banlieue parisienne. Le 23 juin 1940, Hitler se fait photographier devant la tour Eiffel. Henriette bachelière, cherche du travail, ses deux frères sont encore enfants. Sa copine de lycée, Corinne Luchaire, actrice, lui obtient un emploi auprès de son père, directeur d’un quotidien collaborationniste. La jeune femme découvre à cette occasion le monde du cinéma. En 1941, elle est figurante dans «Boléro» de Jean Boyer avec Arletty. Elle prend alors le nom de sa mère comme pseudonyme. En 1943, elle rencontre Yves Allégret sur le plateau de «La boîte aux rêves». Simone épouse le réalisateur en 1944. En 1946, elle travaille sous la direction de Jacques Feyder pour «Macadam» avec Françoise Rosay dans un hôtel louche de Montmartre. La même année, elle donne naissance à Catherine Allégret, son unique enfant qui sera plus tard actrice. En 1947, Yves Allégret filme sa femme qui joue la prostituée «Dédée d’Anvers» auprès de Marcel Dalio. Il récidive en 1948 avec «Manèges». Simone Signoret est désormais lancée.
Elle fait la connaissance du chanteur-comédien Yves Montand. C’est le coup de foudre, ils se marient en 1951, l’année de «Casque d’or» dans lequel Jacques Becker reconstitue la vie populaire du Paris d’avant 1914. Simone Signoret qui partage et soutient son nouveau mari dans ses convictions de gauche, poursuit une carrière cinématographique prestigieuse mais sélective. En 1953, dans une adaptation moderne du roman de Emile Zola «Thérèse Raquin» filmée par Marcel Carné, elle forme avec Raf Vallone, un couple d’amants maudits. Femme fatale, elle l’est encore dans «Les diaboliques» (1954) de Henri-Georges Clouzot, en compagnie d’un Paul Meurisse, pire encore. En 1956, Luis Buñuel la dirige au Mexique dans «La mort en ce jardin» avec Georges Marchal. Il a aussi «Les sorcières de Salem» mises en scène par Raymond Rouleau. Simone voit le film récompensé en Tchécoslovaquie où son père d’origine juive a encore de la famille. Cette république populaire fait un triomphe au couple talentueux Signoret-Montand, qui, de surcroît, ne cache pas sa sensibilité communiste. En contre partie, en 1959, Simone est couverte de récompenses à Hollywood pour «Les chemins de la haute ville» de Jack Clayton.
Les rides venant, la santé moins fleurissante, Simone Signoret fait des traductions, écrire deux romans, travaille pour la télévision. Mais elle nous donne encore de magnifiques interprétations. En 1971, Pierre Granier-Deferre filme «La veuve Couderc» qui, entre les deux guerres, héberge Alain Delon évadé du bagne de Cayenne, et «Le chat», enjeu pathétique entre Jean Gabin et sa femme vieillissante. En 1977, Moshé Mizrahi adapte admirablement «La vie devant soi» du double prix Goncourt Émile Ajar alias Romain Gary, où Simone, vieille Juive de Pigalle garde les enfants des prostituées arabes de Paris. À moitié aveugle, elle tourne un dernier téléfilm en 1985. Elle incarne la directrice juive d’un théâtre parisien qui embauche, en 1939, Daniel Olbrychski qui a fuit l’Allemagne et les persécutions nazies. Simone Signoret atteinte d’un cancer décède le 30 septembre 1985, dans sa propriété normande d’Autheuil-Anthouillet. C’est une immense comédienne qui disparaît. C’est aussi une femme de conviction dont la vie a été faite de gloire mais également de joie et de peine. C’est pour tout cela qu’on l’aime.
© Caroline HANOTTE

| 1941 | Boléro – de Jean Boyer avec André Luguet |
| 1942 | Les visiteurs du soir – de Marcel Carné
avec Jules Berry
Le prince charmant – de Jean Boyer avec Lucien Baroux |
| 1943 | Adieu Léonard / La bourse ou la vie – de Pierre Prévert
avec Charles Trénet
Le mort ne reçoit plus – de Jean Tarride avec Raymond Aimos Le voyageur de la Toussaint – de Louis Daquin avec Jean Desailly |
| 1944 | L’ange de la nuit – de André Berthomieu
avec Jean-Louis Barrault
Béatrice devant le désir – de Jean de Marguenat avec Fernand Ledoux Service de nuit – de Jean Faurez avec Jacques Dumesnil |
| 1945 | La boite aux rêves – de Yves Allégret & Jean Choux
avec René Lefèvre
Les démons de l’aube – de Yves Allégret avec Georges Marchal Le couple idéal – de Bernard-Roland & Raymond Rouleau avec Raymond Rouleau |
| 1946 | Macadam – de Jacques Feyder & Marcel Blistène avec Paul Meurisse |
| 1947 | Fantômas – de Jean Sacha
avec Marcel Herrand
Dédée d’Anvers – de Yves Allégret avec Bernard Blier Les guerriers de la nuit / Les guerriers dans l’ombre ( against the wind) de Charles Crichton avec Robert Beatty |
| 1948 | L’impasse des deux anges – de Maurice Tourneur
avec Jacques Castelot
Suzanne et son marin ( swiss tour / four days leave ) de Leopold Lindtberg avec Cornel Wilde Manèges – de Yves Allégret avec Jacques Baumer |
| 1950 | La ronde – de Max Ophüls
avec Anton Walbrook
Le traqué / La traque ( gunman in the streets / time running out ) de Frank Tuttle avec Dane Clark Le traqué – Borys Lewin avec Fernand Gravey Version française de « Gunman in the streets » Sans laisser d’adresse – de Jean-Paul Le Chanois avec Pierre Trabaud |
| 1951 | Casque d’or – de Jacques Becker
avec Claude Dauphin
BAFTA de la meilleure actrice étrangère aux British Academy Awards, Grande-Bretagne Ombre et lumière – de Henri Calef avec Pierre Dux |
| 1953 | Thérèse Raquin – de Marcel Carné
avec Raf Vallone
CM Confidences en zigzag sur l’amour – de André Gillois avec Grégoire Aslan |
| 1954 | Les diaboliques – de Henri-Georges Clouzot avec Charles Vanel |
| 1956 | La mort en ce jardin ( la muerte en el jardín ) de Luis Buñuel
avec Michel Piccoli
Les sorcières de Salem – de Raymond Rouleau avec Alfred Adam BAFTA de la meilleure actrice étrangère aux British Academy Awards, Grande-Bretagne Meilleure actrice au festival international du cinéma de Karlovy Vary, Tchécoslovaquie CM Un matin comme les autres – de Yannick Bellon avec Georges Chamarat |
| 1957 | DO La rose des vents ( die windrose / a rosa-dos-ventos / rose of the winds ) de Joris Ivens, Alberto Cavalcanti, Sergei Gerasimov & Alex Viany avec Yves Montand |
| 1958 | Mère Courage ( mutte Courage ) de Wolfgang Staude
avec Simone Signoret
Inachevé Adua et ses compagnes ( Adua e le compagne ) de Antonio Pietrangeli avec Marcello Mastroianni |
| 1959 | Les mauvais coups – de François Leterrier
avec Marcello Pagliero
Les chemins de la haute ville ( room at the top ) de Jack Clayton avec Laurence Harvey Oscar du meilleur rôle féminin, USA BAFTA de la meilleure actrice étrangère aux British Academy Awards, Grande-Bretagne Prix d’interprétation féminine au festival du cinéma de Cannes, France Prix NBR de la meilleure actrice par la National Board of Review, USA Diplôme du Mérite de la meilleure actrice étrangère aux prix Jussi du cinéma finlandais, Finlande |
| 1961 | Les amours célèbres – de Michel Boisrond avec Pierre Vaneck |
| 1962 | Barabbas ( Barabba ) de Richard Fleischer
avec Anthony Quinn
Scènes coupées au montage Le verdict ( the trial ) de Peter Glenville avec Laurence Olivier Le jour et l’heure ( the day and the hour / today we live / il giorno e l’ora ) de René Clément avec Stuart Whitman |
| 1963 | Le jour le plus court ( il giorno più corto / il giorno più corto commedia umoristica ) de
Sergio Corbucci avec Walter Pidgeon
DO Le joli mai – de Chris Marker avec Yves Montand Dragées au poivre – de Jacques Baratier avec Guy Bedos |
| 1964 | Compartiment tueurs – de Costa-Gavras
avec Catherine Allégret
Zorba le grec ( Alexis Zorba / Zorba the greek ) de Michael Cacoyannis avec Alan Bates Scènes coupées au montage |
| 1965 | La nef des fous ( ship of fools ) de Stanley Kramer avec Lee Marvin |
| 1966 | Paris brûle-t-il ? ( is Paris burning ? ) de René Clément avec Charles Boyer |
| 1967 | M15 demande protection ( the deadly affair ) de Sidney Lumet
avec Maximilian Schell
Le diable à trois ( games ) de Curtis Harrington avec James Caan |
| 1968 | La mouette ( the sea gull / Chekov’s the sea gull ) de Sidney Lumet
avec Denholm Elliott
Mr. Freedom – de William Klein avec Donald Pleasence |
| 1969 | L’armée des ombres – de Jean-Pierre Melville
avec Lino Ventura
L’américain – de Marcel Bozzuffi avec Jean-Louis Trintignant |
| 1970 | L’aveu – de Costa-Gavras
avec Jean Bouise
DO Henri Langlois / Langlois – de Roberto Guerra & Elia Hershon avec François Truffaut Seulement apparition Comptes à rebours – de Roger Pigaut avec Serge Reggiani |
| 1971 | La veuve Couderc – de Pierre Granier-Deferre
avec Alain Delon
Le chat – de Pierre Granier-Deferre avec Simone Signoret Ours d’Argent de la meilleure actrice au festival international du cinéma de Berlin, Allemagne |
| 1972 | Les Granges Brûlées – de Jean Chapot avec Paul Crauchet |
| 1973 | Rude journée pour la reine – de René Allio avec Gérard Depardieu |
| 1974 | La chair de l’orchidée – de Patrice Chéreau avec Edwige Feuillère |
| 1975 | Police Python 357 – de Alain Corneau avec François Périer |
| 1976 | DO Le fond de l’air est rouge – de Chris Marker
Seulement voix |
| 1977 | La vie devant soi / Madame Rosa – de Moshé Mizrahi
avec Bernard Lajarrige
César de la Meilleure actrice, France David de la meilleure actrice étrangère, Italie |
| 1978 | Judith Therpauve / Une femme dangereuse – de Patrice Chéreau avec Philippe Léotard |
| 1979 | L’adolescente – de Jeanne Moreau avec Francis Huster |
| 1980 | Chère inconnue – de Moshé Mizrahi avec Jean Rochefort |
| 1981 | Guy de Maupassant – de Michel Drach avec Claude Brasseur |
| 1982 | L’étoile du Nord – de Pierre Granier-Deferre avec Philippe Noiret |
| 1983 | DO Des terroristes à la retraite – de Mosco Boucault
Seulement narration |
| AUTRES PRIX : | |
Prix Suzanne Bianchetti de la meilleure révélation de l’année, France ( 1947 ) | |



