
Albrecht Moritz Josef Karl Schoenhals voit le jour le 7 mars 1888, à Mannheim, ville du Land de Bade-Württemberg de l’Empire Germanique. Après une enfance passée à Freiburg, il suit des études de médecine et s’intéresse au chant et à la musique. En 1914, il s’engage comme volontaire dans l’armée allemande et participe à la première guerre mondiale. En 1918, suite à une blessure, il est démobilisé et décide de se lancer dans une carrière de comédien. Elève du célèbre acteur allemand Eduard von Winterstein, il débute sur les planches du Stadttheater de Freiburg en 1920. Les années suivantes, il se produit sur les scènes de Francfort, Dortmund et Hambourg.
En 1934, en représentation au Kammerspielen de Hambourg, Albrecht Schoenhals est remarqué par l’un des directeurs de la UFA. Il est aussitôt engagé et tourne un rôle majeur dans «Le secret des Woronzeff» aux côtés de Brigitte Helm. Doté d’un charme et d’une élégance naturels, Albrecht joue des personnages mondains, des notables ou des aristocrates, et, parmi ses compositions les plus marquantes, nous pouvons citer: le Prince von Holsten-Böhlau dans «April ! April !» (1935) de Douglas Sirk, le capitaine Moltmann dans «Einer zurviel an bord» (1935) de Gerhard Lamprecht, César d’Este dans «Boccacio» de Herbert Maisch, le musicien Jacques Gérard dans «Tango notturno» (1938) de Fritz Kirchhoff et le Docteur Clemens Diersberg dans «Herz ohne Heimat» (1940) de Otto Linnekogel.
Au début de la seconde guerre mondiale, Albrecht Schoenhals est une vedette confirmée de l’écran et de la scène germanique. Son refus de tenir le rôle titre dans «Le juif Süss» de Veit Harlan en 1940, lui attire les foudres du Dr. Goebbels. Déclaré persona non grata du cinéma dès 1941, il se consacre alors uniquement au théâtre. Après la chute du troisième Reich, il s’installe à Baden-Baden et travaille dans l’hôpital de cette ville. Puis, encouragé par sa femme, l’actrice Annelise Born, il reprend le chemin de la scène à la fin des années quarante. Le couple se produit avec succès dans plusieurs pièces au Théâtre de Baden-Baden.
Dans les années cinquante, Albrecht Schoenhals reprend sa carrière cinématographique. Il ne tourne que des rôles secondaires, apparaissant notamment dans «Illusion» (1952) de Rudolf Jugert, aux côtés de Hildegard Knef et dans «Près de toi, Chérie» (1954) avec Zarah Leander. Il participe également à une douzaine de productions télévisées.
Par la suite, Schoenhals revient par deux fois au cinéma pour des prestations remarquables. Il incarne Le Général Robert Alligham dans «Mabuse attaque Scotland Yard» (1963) de Paul May, puis le vieux chef de famille Joachim von Essenbeck dans «Les damnés» (1968) de Luchino Visconti. Après le tournage de ce dernier film, il se retire définitivement de toute vie publique. En 1965, l’Académie du Cinéma Germanique lui rend hommage et lui décerne un prix bien mérité pour l’ensemble de sa carrière.
Albrecht Schoenhals meurt paisiblement dans les bras de sa femme le 4 décembre 1978, à son domicile de Baden-Baden. Il avait quatre-vingt-dix ans.
© Philippe PELLETIER

| 1934 | Le secret des Woronzeff ( fürst Woronzeff ) de Arthur Robison
avec Brigitte Helm
Son plus grand succès ( ihr größter erfolg / Therese Krones ) de Johannes Meyer avec Martha Eggerth |
| 1935 | Warum lügt fräulein Käthe? – de Georg Jacoby
avec Dolly Haas
April ! april ! – de Douglas Sirk avec Carola Höhn Einer zurviel an bord – de Gerhardt Lamprecht avec Lida Baarova Mazurka – de Willi Forst avec Pola Negri Stradivarius ( Stradivari ) de Géza von Bolváry avec Marcella Albani Stützen der gesellschaft – de Douglas Sirk avec Heinrich George |
| 1936 | Arzt aus leidenschaft – de Hans H. Zerlett
avec Gerda Maurus
Boccacio ( liebesgeschichten von Boccaccio ) de Herbert Maisch avec Gina Falckenberg Hannerl und ihre liebhaber – de Werner Hochbaum avec Hans Moser Interlude ( Intermezzo ) de Josef von Báky avec Hilde Sessak |
| 1937 | Die gläserne kugel – de Peter Stanchina
avec Sabine Peters
La sonate à Kreutzer ( die Kreutzersonate ) de Veit Harlan avec Lil Dagover Tango notturno – de Fritz Kirchhoff avec Elisabeth Flickenschildt Man spricht über Jacqueline – de Werner Hochbaum avec Wera Engels Das große abenteuer – de Johannes Meyer avec Maria Andergast |
| 1938 | Rätsel um Beate – de Johannes Meyer
avec Käthe Haack
Der spieler / Roman eines schwindlers – de Gerhard Lamprecht avec Hedwig Bleibtreu Maja zwischen zwei ehen – de Fritz Kirchhoff avec Marieluise Claudius L’orchidée rouge ( rote orchideen ) de Nunzio Malasomma avec Camilla Horn DO Es leuchten die sterne – de Hans H. Zerlett avec Rudi Godden Seulement apparition |
| 1939 | Ich verweigere die Aussage – de Otto Linnekogel
avec Olga Tschechowa
Die frau ohne vergangenheit – de Nunzio Malasomma & Charles Klein avec Sybille Schmitz Retour à la vie ( roman eines arztes ) de Jürgen von Alten avec Josefine Dora Nanette – de Erich Engel avec Jenny Jugo |
| 1940 | Herz ohne heimat – de Otto Linnekogel
avec Olga Limburg
Angelika – de Jürgen von Alten avec Marina von Ditmar Traummusik – de Géza von Bolváry avec Marte Harell Musique de rêve / Le retour ( riturno ) de Géza von Bolváry & Giuseppe Fatigati avec Elsa Wagner |
| 1941 | Kopf hoch, Johannes – de Viktor de Kowa avec Dorothea Wieck |
| 1942 | Giungla – de Nunzio Malasomma
avec Vivi Gioi
Vom schicksal verweht – de Nunzio Malasomma avec Hanni Weisse |
| 1949 | Verführte hände – de Fritz Kirchhoff
avec Vasa Hochmann
Man spielt nich mit der liebe – de Hans Deppe avec Paul Klinger |
| 1950 | Export in blonde – de Eugen York
avec Peter van Eyck
Drei mädchen spinnen / Komplott auf erlenhof / Mutti muß heiraten – de Carl Froelich avec Georg Thomalla Eva und der frauenarzt – de Erich Kobler avec Edith Prager |
| 1951 | Die schuld des Dr. Homma – de Paul Verhoeven avec Werner Hinz |
| 1952 | Illusion ( illusion in moll ) de Rudolf Jugert avec Hildegard Knef |
| 1954 | Près de toi, chérie ( bei dir war es immer so schön ) de Hans Wolff
avec Zarah Leander
Portrait d’une inconnue ( bildnis einer unbekannten ) de Helmut Käutner avec Irene von Meyendorff |
| 1955 | Das forsthaus in Tirol – de Hermann Kugelstadt avec Gert Froebe |
| 1959 | Vergessene gesichter – de ? avec Tilla Durieux |
| 1963 | Mabuse attaque Scotland Yard / Scotland Yard traque Dr. Mabuse ( Scotland Yard jagt Dr. Mabuse / die scharlachrote dschunke ) de Paul May avec Peter van Eyck |
| 1968 | Les damnés ( the damned / la caduta degli dei ) de Luchino Visconti avec Ingrid Thulin |
| AUTRES PRIX : | |
Prix d’honneur aux Prix du cinéma Germanique, Allemagne ( 1965 ) | |



