
Walter Hermann Frank Wolff naît le 11 mai 1928, à San Francisco, en Californie. Son père, un médecin originaire de la Baie de cette même ville, est amateur de théâtre et encourage son fils à suivre une voie non académique et anticonformiste. Le jeune homme entre donc à l’UCLA, l’Université de Californie à Los Angeles, où il étudie la mise en scène théâtrale et l’art dramatique. Il y rencontre le futur réalisateur Monte Hellman, avec qui il se lie d’amitié, et écrit des pièces qu’il met également en scène. Il se consacre également à l’interprétation avec succès, et obtient, à l’UCLA, le prix du meilleur acteur à deux reprises, avec «Macbeth» de Shakespeare en 1951, et «Les bas-fonds» de Maxime Gorki en 1952.
Walter, devenu Frank Wolff, débute à la télévision dès 1957, avec «General Electric Theater», «Rawhide», «The twilight zone», ou encore «Les incorruptibles». À la même époque, il apparaît au cinéma dans «La bête de la caverne hantée» (1959) de son ami Monte Hellman. On le voit également dans quelques films d’horreur ou de science-fiction de série B, signés Roger Corman. En 1960, Frank Wolff part en Grèce pour tourner «Atlas», un péplum réalisé par le même Corman. C’est ce dernier qui le persuade de rester en Europe afin d’y tenter sa chance. Frank Wolff s’exile donc en Italie et interprète le bandit Gaspare Pisciotta dans «Salvatore Giuliano» (1962) de Francesco Rosi. En 1963, Elia Kazan le fait tourner dans «America, America», avant d’interpréter, le comte fasciste Galeazzo Ciano, dans «Le procès de Vérone». Dans ces films, Frank Wolff fait preuve d’un très solide talent de composition.
Dès le milieu des années soixante, il commence à apparaître dans un nombre impressionnant de westerns-spaghettis, réalisés par Sergio Sollima, León Klimovsky ou Mario Caiano. Invariablement bon ou méchant, Frank Wolff promène sa haute silhouette et son regard étrange dans quantité de westerns italiens. Il finit d\\\'ailleurs par devenir l’un des acteurs emblématiques du genre, et joue dans des œuvres tantôt honorables, tantôt médiocres. Plusieurs titres sont toutefois à retenir. Dans «Le grand silence» (1968), superbe western des neiges réalisé par Sergio Corbucci, Frank Wolff incarne un honnête shérif luttant contre les chasseurs de primes, aux côtés de Jean-Louis Trintignant et de Klaus Kinski. Dans «Il était une fois dans l’Ouest» (1968) de Sergio Leone, il tient le rôle, très bref, de Brett McBain, mari de Claudia Cardinale, lequel se fait sauvagement assassiné avec ses enfants.
Par la suite, Frank Wolff est un acteur largement sous-estimé et n’est pas reconnu à sa juste valeur. Il apparaît dans de nombreux films commerciaux de qualité discutable, séries B ou films semi-érotiques, comme «The Lickerish Quartet» (1970), bien loin des espoirs qui avaient été mis en lui à ses débuts. Additionnant les projets sans grande ambition, avec des rôles indignes de son talent, il n’obtient pas le succès qu’il aurait mérité. On peut le voir toutefois dans d’honnêtes thrillers italiens: «La mort remonte à hier soir» (1970) ou «Nuits d’amour et d’épouvante» (1971). On l’aperçoit une toute dernière fois dans un bon classique du «giallo»: «Milan Calibre 9» (1972), où il tient le rôle d’un commissaire de police arrogant et dominateur, aux méthodes douteuses. C’est avant la sortie de ce dernier film que Frank Wolff, dépressif, se suicide, le 12 décembre 1971, dans sa chambre de l’hôtel Hilton de Rome, en se tranchant la gorge avec son rasoir.
© Simon BENATTAR-BOURGEAY

| 1958 | Gangster N°1 ( I mobster / I mobster… The life of a gangster ) de Roger Corman
avec Lita Milan
Kathy O’ – de Jack Sher avec Jan Sterling |
| 1959 | Le bagarreur solitaire ( the wild and the innocent ) de Jack Sher
avec Audie Murphy
La bête de la caverne hantée ( beast from haunted cave ) de Monte Hellman avec Sheila Noonan La femme guêpe ( the wasp woman / insect woman / the bee girl ) de Roger Corman avec Susan Cabot |
| 1960 | Ski troop attack – de Roger Corman
avec Michael Forest
Les rats de caves ( the subterraneans ) de Ronald McDougall avec Leslie Caron The runaway / Saint Mike – de Claudio Guzmán avec Anita Page |
| 1961 | Atlas – de Roger Corman
avec Barboura Morris
Gordon chevalier des mers ( Gordon, il pirata nero / the black buccaneer / black pirate / pirate warrior / rage of the buccaneers ) de Mario Costa avec Ricardo Montalban Salvatore Giuliano – de Francesco Rosi avec Salvo Randone |
| 1962 | La bataille de Naples ( le quattro giornate di Napoli ) de Nanni Loy avec Lea Massari |
| 1963 | America, America ( the Anatolian smile ) de Elia Kazan
avec Stathis Giallelis
Le démon dans la chair ( il demonio ) de Brunello Bondi avec Daliah Lavi Le procès de Vérone ( il processo di Verona ) de Carlo Lizzani avec Silvana Mangano Via Veneto – de Giuseppe Lipartiti avec Michèle Mercier |
| 1964 | Amori pericolosi – de Alfredo Giannetti, Carlo Lizzani & Giulio Questi
avec Juliette Mayniel
Segment « Il passo » de Giulio Questi & « La ronda » de Carlo Lizzani Un commerce tranquille ( un affare tranquillo ) de Guido Franco & Mel Welles avec Giorgia Moll Situation désespérée…mais pas sérieuse ( situation hopeless… but not serious ) de Gottfried Reinhardt avec Alec Guinness |
| 1965 | Judith / Conflict – de Daniel Mann
avec Sophia Loren
Agent 3S3, massacre au soleil ( agente 3S3, massacro al sole / 3S3, agente especial / agent 353, massacre in the sun / agente 3S3 enviado especial / hunter of the unknown ) de Sergio Sollima avec Giorgio Ardisson |
| 1966 | Non faccio la guerra, faccio l’amore – de Franco Rossi
avec Catherine Spaak
Opération San Gennaro ( operazione San Gennaro ) de Dino Risi avec Claudine Auger Bravo Django ( pochi dollari per Django / alambradas de violencia / Drango : A bullet for you / few dollars for Django / some dollars for Django ) de León Klimovsky avec Gloria Osuna Les vautours attaquent / Quand les vautours attaquent ( il tempo degli avvoltoi / last of the badmen / time of vultures ) de Nando Cicero avec Pamela Tudor Un dollar entre les dents ( un dollaro tra i denti / a dollar between the teeth / a stranger in town / for a dollar in the teeth ) de Luigi Vanzi avec Tony Anthony Hold-up au centre nucléaire ( per favore... non sparate col cannone / Assalto al centro nucleare ) de Mario Caiano avec Claudio Gora |
| 1967 | I dannati della terra – de Valentino Orsini
avec Marilù Tolo
La vengeance de Ringo ( los cuatro salvajes / Ringo, il volto della vendetta / Ringo, face of revenge ) de Mario Caiano avec Antonio De Teffé Dieu pardonne, pas moi ! ( dio perdonna… io no ! / blood river / god forgives… / god forgives… I don’t ! / tú perdonas... yo no ) de Giuseppe Colizzi avec Bud Spencer Mangiala – de Francesco Casaretti avec Paolo Villaggio Pas folles les mignonnes ( le dolci signore ) de Luigi Zampa avec Ursula Andress Ecce homo – de Bruno Gaburro avec Irene Papas L’amour à cheval ( la matriarca ) de Pasquale Festa Campanile avec Jean-Louis Trintignant Le grand silence ( il grande silenzio ) de Sergio Corbucci avec Klaus Kinski |
| 1968 | Aujourd’hui ma peau, demain la tienne ( i tre che sconvolsero il West : vado, vedo e sparo /
I came, I saw, I shot / llego, veo, disparo / one dollar too many ) de Enzo G. Castellari
avec Antonio Sabato
Le séquestré ( sequestro di personna ) de Gianfranco Mingozzi avec Charlotte Rampling Tuez-les tous… et revenez seul ! ( ammazzali tutte e torna solo / mátalos y vuelve / go kill everybody and come back alone / kill them all and come back alone ) de Enzo G. Castellari avec Chuck Connors Pancho Villa ( Villa rides ) de Buzz Kulik avec Robert Mitchum Il était une fois dans l’Ouest ( c’era una volta il West / once upon a time in the West ) de Sergio Leone avec Henry Fonda Barbagia ( la società del malessere / the tough and the mighty ) de Carlo Lizzani avec Terence Hill |
| 1969 | Le fossoyeur ( sono Sartana, il vostro becchino ) de Giuliano Carmineo
avec Gordon Mitchell
L’amore breve – de Romolo Scavolini avec Joan Collins Les insatiables / Perversion ( exhibition / femine insaziabilli / le insaziabili ) de Alberto De Martino avec Dorothy Malone L’amica – de Alberto Lattuada avec Elsa Martinelli Sept hommes pour Tobrouk ( la battaglia del deserto / la batalla del desierto / desert battle ) de Mino Loy avec Robert Hossein Le dernier guet-apens ( Corbari ) de Valentino Orsini avec Giuliano Gemma Quand les femmes avaient une queue ( quando le donne avevano la coda ) de Pasquale Festa Campanile avec Senta Berger |
| 1970 | Metello – de Mauro Bolognini
avec Lucia Bosé
Le péché ( the beloved / restless / sin ) de George Pan Cosmatos avec Raquel Welch La mort remonte à hier soir ( la morte risale a ieri sera ) de Duccio Tessari avec Raf Vallone The lickerish quartet / Esotika erotika psicotika – de Radley Metzger avec Erika Remberg Trasplante de un cerebro / Crystalbrain, l’uomo dal cervello di cristallo / Il segreto del Dr. Chalmers / L’uomo che visse due volte – de Juan Logar avec Simón Andreu |
| 1971 | Gli occhi freddi della paura / Los frios ojos del miedo – de Enzo G. Castellari
avec Giovanna Ralli
Nuits d’amour et d’épouvante ( la morte cammina con i tacchi alti / death walks on high heels / la muerte camina con tacón alto ) de Luciano Ercoli avec Georges Rigaud Quand les femmes ont perdu leur queue ( quando le donne persero la coda ) de Pasquale Festa Campanile avec Mario Adorf Milan calibre 9 ( Milano calibro 9 ) de Ferdinando Di Leo avec Lionel Stander |



