2002 Les égarés – de André Téchiné avec Emmanuelle Béart, Samuel Labarthe & Grégoire Leprince-Ringuet | 2013 Saint Laurent – de Bertrand Bonello avec Léa Seydoux, Jérémie Renier, Louis Garrel & Helmut Berger | 2015 Juste la fin du monde – de Xavier Dolan avec Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux & Vincent Cassel | 2017 Les confins du monde – de Guillaume Nicloux avec Lang Khê Tran, Guillaume Gouix & Gérard Depardieu | ||
Gaspard Ulliel était promis à une flamboyante carrière. Le destin en a décidé autrement. Né le 25 novembre 1984 à Neuilly-sur-Seine, il grandit au sein d’une famille d’artistes, fils unique d’une styliste et d’un designer. Inscrit très jeune dans une agence de mannequin, il fait dès l’âge de 12 ans quelques incursions dans des téléfilms et, conquis par cet univers, se lance dans des études de cinéma avec pour ambition de devenir cinéaste. Le métier de comédien s’impose à lui après une brève mais décisive apparition dans un premier long métrage «Le pacte des loups» (2000) de Christophe Gans, une fresque inspirée de l’histoire de la bête du Gévaudan, qui remporte un franc succès. Dès lors, Gaspard Ulliel est repéré pour sa beauté envoûtante, rehaussée d’une cicatrice en forme de fossette, souvenir de la griffe d’un chien lorsqu’il avait 6 ans. Michel Blanc le veut pour son film «Embrassez qui vous voudrez» (2001), dans lequel il joue un garçon qui s’éveille à l’amour et à la sexualité. La critique est élogieuse et le distingue encore l’année suivante pour son interprétation d’un jeune homme énigmatique dans la France de 1940, avec Emmanuelle Béart pour partenaire, dans «Les égarés» (2002), de André Téchiné. Sa notoriété va crescendo avec le César du meilleur espoir pour son rôle auprès de Audrey Tautou dans «Un long dimanche de fiançailles» (2003) de Jean-Pierre Jeunet, sur fond de Première Guerre mondiale.
Egérie de la marque Chanel pour la promotion de son parfum masculin «Bleu de Chanel», Gaspard Ulliel poursuit son ascension sur Grand Ecran avec des rôles pluriels qui témoignent de l’étendue de son talent et de sa capacité à transcrire toute une gamme d’émotions. Il est aussi convaincant en un «Jacquou le Croquant» (2006), épris de justice, dans le film d’aventure de Laurent Boutonnat, qu’en serial killer cannibale en devenir dans «Hannibal Lecter: les origines du mal» (2006) de Peter Webber. Il joue le fils de Isabelle Huppert dans «Un barrage contre le Pacifique» (2008) de Rithy Panh, d’après le roman de Marguerite Duras, puis celui du truand Jean Reno dans le thriller de Laurent Tuel «Le premier cercle». Duc de Guise face à Mélanie Thierry dans «La princesse de Montpensier» (2009) de Bertrand Tavernier, Gaspard Ulliel campe un bluffant couturier Yves Saint-Laurent dans le biopic de Bertrand Bonello «Saint Laurent» (2013). Le César du meilleur acteur, qu’il manque de peu et qui échoit à Pierre Niney pour ce même rôle, il l’obtient deux ans plus tard pour sa performance dans «Juste la fin du monde» (2015) de Xavier Dolan, dans lequel il interprète avec subtilité un écrivain qui revient dans sa famille pour annoncer sa mort prochaine. L’acteur délivre une prestation intense en militaire, seul survivant d’un massacre, confronté à la férocité de la guerre d’Indochine dans le film de Guillaume Nicloux «Les confins du monde» (2017). Dans «Eva» (2017) de Benoît Jacquot, il compose avec justesse un homme rongé par son obsession d’une vénéneuse prostituée, jouée par Isabelle Huppert. Entre France et Norvège, le film de la cinéaste allemande Emily Atef, «Plus que jamais» (2021), est son dernier film.
En vacances avec sa deuxième compagne et leur fils Oslo, âgé de 6 ans, sur les pistes enneigées de La Rosière en Savoie, Gaspard Ulliel décède, à 37 ans, des suites d’une collision avec un autre skieur. Bel homme dans tous les sens du terme, acteur sensible et surdoué, à l’aura indéniable et au visage atypique, souvent empreint d’un voile de tristesse, Gaspard Ulliel reste à jamais une pépite dans les annales du Septième Art. Il disait qu’il était une vieille âme. Peut-être aspirait-elle à rejoindre les cieux…
© Isabelle MICHEL
1999 | CM Alias – de Marina de Van avec Anne Le Ny |
2000 | Le pacte des loups – de Christophe Gans
avec Monica Bellucci
Belphégor : Le fantôme du Louvre – de Jean-Paul Salomé avec Sophie Marceau Scènes coupées au montage – Non crédité |
2001 | Embrassez qui vous voudrez – de Michel Blanc
avec Charlotte Rampling
Prix Lumière du meilleur espoir masculin aux Prix Lumière, France |
2002 | Les égarés – de André Téchiné
avec Emmanuelle Béart
Etoile d’Or de la révélation masculine aux prix de la presse du cinéma français, France |
2003 | The Tulse Luper suitcases, part 2 : Vaux to the sea – de Peter Greenaway
avec Ornella Muti
Un long dimanche de fiançailles – de Jean-Pierre Jeunet avec Audrey Tautou César du meilleur espoir masculin, France |
2004 | Le dernier jour – de Rodolphe Marconi avec Nicole Garcia |
2005 | La maison de Nina – de Richard Dembo
avec Agnès Jaoui
Paris, je t’aime – de Olivier Assayas, Frédéric Auburtin, Emmanuel Benbihy, Wes Craven, Sylvain Chomet, Gurinder Chadha, Ethan Coen, Joel Coen, Isabel Coixet, Alfonso Cuarón, Gérard Depardieu, Christopher Doyle, Richard LaGravenese, Vincenzo Natali, Alexander Payne, Bruno Podalydès, Walter Salles, Oliver Schmitz, Nobuhiro Suwa, Daniela Thomas, Tom Tykwer & Gus Van Sant avec Marianne Faithfull Segment « Le Marais » de Gus Van Sant |
2006 | Jacquou le croquant – de Laurent Boutonnat
avec Marie-Josée Croze
Hannibal Lecter : Les origines du mal ( Hannibal rising ) de Peter Webber avec Gong Li |
2007 | La troisième partie du monde – de Eric Forestier
avec Clémence Poésy
CM L’inconnu – de Aurélien Vernhes-Lermusiaux avec Aurélien Recoing CM Objet trouvé – de Cathy Verney & Benoît Pétré avec Mélanie Laurent |
2008 | Un barrage contre le Pacifique – de Rithy Panh
avec Isabelle Huppert
Le premier cercle – de Laurent Tuel avec Jean Reno La veine du vigneron ( the vintner’s luck / a heavenly vintage ) de Niki Caro avec Keisha Castle-Hughes |
2009 | Ultimatum – de Alain Tasma
avec Anne Galiena
La princesse de Montpensier – de Bertrand Tavernier avec Mélanie Thierry CM Un risque à courir – de Jean-Pierre Mocky avec Elsa Zylberstein |
2010 | L’art d’aimer – de Emmanuel Mouret avec Julie Depardieu |
2011 | CM Mes amours décomposé[s] – de Sacha Barbin avec Oriane Delacroix |
2012 | Tu honoreras ta mère et ta mère – de Brigitte Roüan avec Nicole Garcia |
2013 | Saint Laurent – de Bertrand Bonello
avec Léa Seydoux
Prix Lumière du meilleur acteur aux Prix Lumière, France |
2015 | La danseuse – de Stéphanie Di Giusto
avec Lily-Rose Depp
Juste la fin du monde – de Xavier Dolan avec Nathalie Baye César du meilleur acteur, France |
2016 | 9 doigts – de F.J. Ossang avec Pascal Greggory |
2017 | Eva – de Benoît Jacquot
avec Isabelle Huppert
Les confins du monde – de Guillaume Nicloux avec Gérard Depardieu Un peuple et son roi – de Pierre Schoeller avec Izïa Higelin CM Ordalie – de Sacha Barbin avec Claude Perron |
2018 | Sibyl – de Justine Triet avec Virginie Efira |
2021 | Plus que jamais ( more than ever ) de Emily Atef avec Liv Ullmann |