
Née dans une famille modeste d’émigrés tchèques, Madeleine Yvonne Svoboda voit le jour le 5 novembre 1917 dans le sixième arrondissement de Paris. Elle passe sa jeunesse au Pré-Saint-Gervais, quartier de l’Est Parisien. Contrainte d’abandonner l’école, elle travaille très tôt en usine et comme marchande de journaux.
Au début des années trente, Madeleine, recalée au Conservatoire de Paris, s’inscrit comme auditrice aux cours de Charles Dullin et débute sa carrière artistique par la publicité et la figuration. En 1936, elle décroche son premier rôle important dans «Le mioche» avec Lucien Baroux. Elle enchaîne au cinéma avec quelques productions sympathiques mais sans consistance et, elle reste très active au théâtre qui lui apporte plus de satisfactions.
En 1940, Madeleine Robinson crée la pièce de Jean Cocteau «Les monstres sacrés». Les représentations sont interrompues par la guerre et Madeleine échoue à Marseille dans la troupe de Louis Ducreux. La même année, elle épouse Robert Dalban, un fils naît, mais leur union ne dure que quelques années. En 1942 elle crée sur scène, à Cannes, «Une grande fille toute simple», histoire écrite spécialement pour elle par André Roussin. Après la libération, elle reprend la pièce avec succès, à Paris. Entre-temps elle est devenue une vedette de cinéma avec: «Lumière d’été» (1942) de Jean Grémillon, «Douce» (1943) de Claude Autant-Lara et «Sortilèges» (1944) de Christian-Jaque.
Les années suivantes, confirme son immense talent dans plusieurs productions cinématographiques mais c’est surtout au théâtre qu’elle exprime son extraordinaire tempérament. Parmi ses plus grands succès théâtraux, nous pouvons citer: «La soif » (1949) avec Jean Gabin, «La dame de trèfle» (1952), «Noix de coco» (1961), «Adorable Julia» (de 1954 à 1957) et surtout «Qui à peur de Virginia Wolff ?» (1965) avec Raymond Gérôme. Actrice exceptionnelle, Madeleine Robinson donne aussi la réplique au cinéma à des acteurs de sa dimension, tels que: Erich von Stroheim dans «Minuit, Quai de Bercy» (1952), François Périer dans «Les louves» (1957), Orson Welles dans «Le procès» (1962) et Jean Gabin dans «Le gentleman d’Epsom» (1962).
À la fin des années soixante-dix, Madeleine s’installe en Suisse, se consacre à l’enseignement de son art et écrit son autobiographie, «Les canards majuscules». Occasionnellement, elle revient sur les scènes parisiennes. Elle se produit aussi dans plusieurs productions télévisées et compose des seconds rôles remarquables au cinéma. En 1993, Madeleine apparaît une dernière fois au cinéma dans «L’ours en peluche» aux côtés de Alain Delon. Mais cette année tragique sera surtout marquée par la disparition de sa fille, victime du Sida. Suite à ce drame, elle s’investie totalement dans sa dernière composition théâtrale «La folle de Chaillot». Puis se retire définitivement sur les bords du Lac Léman.
Madeleine Robinson, artiste talentueuse au tempérament volcanique, s’éteint le 1er août 2004, à son domicile de Lausanne, en Suisse. Son corps sera incinéré.
© Philippe PELLETIER

| 1934 | Tartarin de Tarascon – de Raymond Bernard avec Raimu |
| 1935 | Les beaux jours – de Marc Allégret
avec Jean-Pierre Aumont
Promesses – de René Delacroix avec Pierre Mingand |
| 1936 | Le mioche – de Léonide Moguy
avec Lucien Baroux
Gosse de riche – de Maurice de Canonge avec Pierre Brasseur L’assaut – de Pierre-Jean Ducis avec André Alerme |
| 1937 | Nuits de feu – de Marcel L’Herbier
avec Victor Francen
Grisou / Les hommes sans soleil – de Maurice de Canonge avec Bernard Blier Capitaine Benoît – de Maurice de Canonge avec Jean Murat L’innocent – de Maurice de Canonge avec Noël-Noël |
| 1938 | La cité des lumières – de Jean de Limur
avec Camille Bert
L’homme à abattre – de Léon Mathot avec Jules Berry Tempête sur l’Asie – de Richard Oswald avec Conrad Veidt |
| 1940 | La nuit merveilleuse – de Jean-Paul Paulin avec Fernandel |
| 1941 | Promesse à l’inconnue – de André Berthomieu avec Claude Dauphin |
| 1942 | La croisée des chemins – de André Berthomieu
avec Pierre Richard-Willm
Lumière d’été – de Jean Grémillon avec Georges Marchal |
| 1943 | Douce – de Claude Autant-Lara avec Jean Debucourt |
| 1944 | Sortilèges – de Christian-Jaque avec Roger Pigaut |
| 1945 | Le fugitif – de Robert Bibal avec René Dary |
| 1946 | Les chouans – de Henri Calef
avec Jean Marais
Le cavalier de Croix-Mort – de Lucien Gasnier-Raymond avec Yves Vincent |
| 1947 | Les frères Bouquinquant – de Louis Daquin
avec Albert Préjean
La grande Maguet – de Roger Richebé avec Marcel Pérès |
| 1948 | Une si jolie petite plage – de Yves Allégret
avec Gérard Philipe
Le mystère Barton – de Charles Spaak avec Fernand Ledoux Entre onze heures et minuit – de Henri Decoin avec Louis Jouvet |
| 1949 | On ne triche pas avec la vie / Docteur Louise – de René Delacroix & Paul Vendenberghe
avec Jean Davy
CM Vedettes en liberté – de Jacques Guillon avec Luis Mariano Seulement apparition L’invité du mardi / Du thé pour M. Josse – de Jacques Deval avec Michel Auclair |
| 1950 | Dieu a besoin des hommes – de Jean Delannoy avec Pierre Fresnay |
| 1951 | Le garçon sauvage – de Jean Delannoy
avec Fernand Sardou
L’homme de ma vie – de Guy Lefranc avec Henri Vilbert Seuls au monde – de René Chanas avec René Lefèvre |
| 1952 | Minuit… Quai de Bercy – de Christian Stengel
avec Erich von Stroheim
Je suis un mouchard – de René Chanas avec Paul Meurisse Leur dernière nuit – de Georges Lacombe avec Jean Gabin |
| 1953 | L’affaire Maurizius – de Julien Duvivier avec Anton Walbrook |
| 1954 | Les chiffonniers d’Emmaüs / L’enfer de Paris – de Robert Darène avec Yves Deniaud |
| 1955 | Le couteau sous la gorge – de Jacques Séverac
avec Jean Chevrier
Les possédées – de Charles Brabant avec Raf Vallone |
| 1956 | Mannequins de Paris – de André Hunebelle avec Ivan Desny |
| 1957 | Les louves / Démoniaque – de Luis Saslavsky
avec François Périer
La bonne tisane – de Hervé Bromberger avec Raymond Pellegrin |
| 1958 | Péché de jeunesse / Amour, mon cher amour – de Louis Duchesne & René Thévenet avec Gil Vidal |
| 1959 | À double tour – de Claude Chabrol
avec Jean-Paul Belmondo
Coupe Volpi de la meilleure actrice au festival du cinéma de Venise, Italie Les arrivistes / La rabouilleuse – de Louis Daquin avec Jean-Claude Pascal |
| 1960 | Le goût de la violence – de Robert Hossein avec Mario Adorf |
| 1961 | La croix des vivants – de Yvan Govar
avec Karlheinz Böhm
Giorno per giorno disparamente – de Alfredo Giannetti avec Tomas Milian |
| 1962 | Le procès ( the trial ) de Orson Welles
avec Anthony Perkins
Léviathan / La nuit du péché – de Léonard Keigel avec Louis Jourdan Le Diable et les dix commandements – de Julien Duvivier avec Georges Wilson |
| 1963 | Le gentleman d’Epsom / Les grands seigneurs – de Gilles Grangier
avec Louis De Funès
La salamandre d’or – de Maurice Regamey avec Antoine Balpêtré Agent spécial à Venise / Voir Venise et crever – de André Versini avec Sean Flynn |
| 1964 | Couple interdit ( el juego de la verdad ) de José María Forqué
avec Sami Frey
Un gosse de la butte / Rue des cascades – de Maurice Delbez avec René Lefèvre |
| 1965 | Un monde nouveau / Un monde jeune ( un mondo nuovo ) de Vittorio De Sica
avec Nino Castelnuovo
Piège pour Cendrillon – de André Cayatte avec Robert Dalban |
| 1966 | Le voyage du père – de Denys de La Patellière avec Laurent Terzieff |
| 1970 | Aussi loin que l’amour – de Frédéric Rossif
avec Rufus
Le cœur fou – de Jean-Gabriel Albicocco avec Maurice Garrel |
| 1971 | Le petit matin – de Jean-Gabriel Albicocco avec Mathieu Carrière |
| 1977 | La belle emmerdeuse / On peut le dire sans se fâcher – de Roger Coggio avec Xavier Gélin |
| 1978 | Un amant de poche – de Bernard Queysanne
avec Roger Hanin
Les sept jours de janvier / Les sept jours en janvier ( siete dias de enero ) de Juan Antonio Bardem avec Jacques François Une histoire simple – de Claude Sautet avec Romy Schneider |
| 1979 | Corps à cœur – de Paul Vecchiali avec Hélène Surgères |
| 1982 | J’ai épousé une ombre – de Robin Davis avec Francis Huster |
| 1984 | Hors-la-loi – de Robin Davis avec Wadeck Stanczak |
| 1988 | Camille Claudel / Camille Claudel – Violence et passion – de Bruno Nuytten avec Gérard Depardieu |
| 1992 | Schwarze hochzeit – de Clive Donner avec Jennifer Beals |
| 1993 | L’ours en peluche – de Jacques Deray avec Alain Delon |



