
Meichilem Meyer Weisenfreund voit le jour le 22 septembre 1895 à Lemberg, dans l’Empire Austro-Hongrois (actuellement en Ukraine). Fils de comédiens ambulants d’origines juives, émigrés aux Etats-Unis au début du vingtième siècle, Meichilem débute, tout naturellement, sur scène à treize ans. En 1918, il s’installe à New York et devient rapidement une star du théâtre yiddish.
En 1926, il se fait désormais appeler Paul Muni et joue pour la première fois à Broadway, dans «We Americans» de Milton H. Gropper et Max Siegel. La pièce, jouée plus de cent fois, est un franc succès. Hollywood, toujours en quête de nouveaux talents, s’intéresse alors au jeune acteur. La Twentieth Century Fox le prend sous sa coupe et lui fait signer un contrat. En 1929, Paul apparaît pour la première fois à l’écran dans «The valiant» de William K. Howard. Son rôle, de condamné à mort repentant, lui vaut une première nomination aux Oscars. La même année, il tourne dans «Seven faces» de Berthold Viertel mais reste cependant assez déçu des propositions hollywoodiennes.
Par la suite, Paul retourne à Broadway pour jouer «This one man » (1930), une pièce de Sidney Buchman et «Counsellor at law» (1931) de Elmer Rice, un immense succès, joué à guichets fermés durant près de trois cents représentations. En 1932, Paul Muni revient devant les caméras dans «Scarface» de Howard Hawks où, il interprète, de façon très convaincante, le gangster Tony Camonte, copie conforme du célèbre gangster Al Capone. Le film attire les foules et devient rapidement un classique du genre. L’année suivante, il est nominé une deuxième fois aux Academy Awards pour sa prestation dans «Je suis un évadé» de Mervyn LeRoy. Paul Muni entre alors dans le Panthéon des grandes stars hollywoodiennes. En 1935, il donne la réplique à la grande Bette Davis dans «Ville frontière», puis joue des personnages historiques dans plusieurs productions, parmi lesquelles: le chercheur Louis Pasteur dans «La vie de Louis Pasteur» (1936) de William Dieterle (Oscar du meilleur acteur et Coupe Volpi à Venise), l’écrivain Emile Zola dans «La vie d’Emile Zola» toujours de Dieterle (Prix d’interprétation par la critique new-yorkaise) et le futur Président Mexicain Benito Juarez dans «Juarez» (1939) encore de Dieterle.
Dans les années quarante, Paul Muni reste toujours très actif sur les scènes américaines et enchaîne les triomphes à Broadway, tels que: «Yesterday’s magic» (1942) de Emlyn Williams, puis il reprend «Counsellor at law» (1942-1943) et enfin «A flag is born » (1946) de Ben Hecht. Sa carrière cinématographique en souffre, malgré quelques jolis succès personnels comme: «Les trappeurs de l’Hudson» (1940) de Irving Pichel, «Le commando frappe à l’aube» (1942) de John Farrow et «L’évadé de l’enfer» (1946) de Archie Mayo.
En 1955, suite à une tumeur à l’œil, Paul Muni met un terme à sa carrière théâtrale. En 1959, il apparaît une dernier fois à l’écran dans «La colère d’un juste» de Daniel Mann. Sa formidable prestation est encensée par la critique, ce qui lui vaut sa dernière nomination aux Oscars. En 1960, de santé précaire, il se retire définitivement dans sa propriété californienne de Santa Barbara. Il meurt chez lui, le 25 août 1967, victime d’une crise cardiaque.
© Philippe PELLETIER

| 1929 | The valiant – de William K. Howard
avec Marguerite Churchill
Seven faces – de Berthold Viertel avec Gustav von Seyffertitz |
| 1932 | Scarface ( Scarface, the shame of the nation / the shame of a nation ) de Howard Hawks & Richard Rosson avec Boris Karloff |
| 1933 | Je suis un évadé ( I am a fugitive from a Chain Gang / I am a fugitive / I am a fugitive from
the Chain Gang ) de Mervyn LeRoy
avec Glenda Farrell
Le monde change ( the world changes ) de Mervyn LeRoy avec Mary Astor |
| 1934 | On a tué ( hi, Nellie ! ) de Mervyn LeRoy avec Glenda Farrell |
| 1935 | Furie noire ( black fury ) de Michael Curtiz
avec Karen Morley
Ville frontière ( bordertown ) de Archie Mayo avec Bette Davis Docteur Socrate ( Dr. Socrates ) de William Dieterle avec Ann Dvorak |
| 1936 | Visages d’Orient ( the good earth ) de Sidney Franklin
avec Luise Rainer
La vie de Louis Pasteur ( the story of Louis Pasteur ) de William Dieterle avec Anita Louise Oscar du meilleur acteur, USA Coupe Volpi du meilleur acteur au festival du cinéma de Venise, Italie |
| 1937 | La vie de Emile Zola ( the life of Emile Zola ) de William Dieterle
avec Gloria Holden
Prix NYFCC du meilleur acteur par le Cercle des Critiques de Films de New York, USA La femme que j’aime ( the woman I love / the woman between ) de Anatole Litvak avec Miriam Hopkins CM Screen snapshots series 16, No. 8 – de Ralph Staub avec Tom Brown Seulement apparition |
| 1938 | CM Hollywood goes to town – de Herman Hoffman
avec Fanny Brice
Seulement apparition CM For Auld Lang Syne – de avec John Barrymore Seulement apparition |
| 1939 | Nous ne sommes pas seuls ( we are not alone ) de Edmund Goulding
avec Flora Robson
Juarez – de William Dieterle avec Brian Aherne |
| 1940 | Les trappeurs de l’Hudson ( Hudson’s Bay ) de Irving Pichel avec Laird Cregar |
| 1942 | Le commando frappe à l’aube ( commandos strike at dawn ) de John Farrow avec Lillian Gish |
| 1943 | Le cabaret des étoiles ( stage door canteen ) de Frank Borzage
avec Cheryl Walker
Seulement apparition |
| 1945 | La chanson du souvenir ( a song to remember ) de Charles Vidor
avec Nina Foch
Contre-attaque ( counter-attack / one against seven ) de Zoltan Korda avec Marguerite Chapman |
| 1946 | L’évadé de l’enfer ( angel on my shoulder ) de Archie Mayo avec Anne Baxter |
| 1951 | Un homme à détruire / Embarquement à minuit ( imbarco a mezzanotte / stranger on the prowl ) de Joseph Losey avec Vittorio Manunta |
| 1959 | La colère d’un juste ( the last angry man ) de Daniel Mann
avec David Wayne
Prix du jury du meilleur acteur au festival du cinéma de Mar del Plata, Argentine |



