
Issue d’une grande famille bourgeoise, Maria Amalia Mercouris voit le jour le 18 octobre 1923, à Athènes. Petite-fille et fille d’hommes politiques importants (son grand-père fut Maire d’Athènes plus de vingt ans et son père député et représentant de la Grèce au Conseil Européen), elle se marie en 1941 avec Panos Harokopos, un aristocrate, pour fuir le joug familial. Aussitôt, elle entre à l’Institut Dramatique du Théâtre National d’Athènes et suit les cours de Demitris Rondiris.
Dans les années quarante, Melina Mercouri joue, sur les planches de la capitale grecque, les adaptations d’«Un tramway nommé Désir» de Tennessee Williams et «Sept ans de réflexion» de George Axelrod. En 1949, en visite à Paris, elle rencontre Marcel Achard pour qui elle interprète «Le moulin de la Galette» avec le couple Pierre Fresnay - Yvonne Printemps. Les années suivantes, elle joue, entre autres : «Il était une gare…» de Jacques Deval et «Les compagnons de la Marjolaine» toujours d’Achard.
En 1955, de retour au pays, Michael Cacoyannis lui offre le premier rôle dans «Stella». Cette première prestation, pour le grand écran, lui vaut une reconnaissance internationale. Le film est présenté au Festival de Cannes, où Melina rencontre Jules Dassin, cinéaste de la liste noire hollywoodienne. Ainsi, naît une des plus belles histoire d’amour cinématographique: Melina Mercouri va devenir son inspiratrice. Sous sa direction, elle interpréte des rôles secondaires dans «Celui qui doit mourir» (1957) avec Jean Servais et dans «La loi» (1958) avec Gina Lollobrigida. En 1966, elle épouse Dassin.
En 1960, c’est la consécration avec «Jamais le dimanche», le film est un énorme succès et le couple connaît une gloire planétaire. Dès lors, Melina Mercouri gagne haut la main le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. Par la suite, elle tournera six autres fois pour son mentor: «Phèdre» (1961), «Topkapi» (1963), «10 heures 30 du soir en été» (1965), «La promesse de l’aube» (1969), «The rehearsal» (1973) et «Cri de femmes» (1977). Star internationale, elle offre son talent à d’autres grands réalisateurs internationaux: Vittorio De Sica, Juan Antonio Bardem et Norman Jewison, pour ne citer que les plus importants.
Melina Mercouri, qui en 1967, était rentrée en résistance contre la prise de pouvoir des Colonels en Grèce, revient au pays en 1974 après plusieurs années d’exil. Elle arrête sa carrière cinématographique et s’oriente vers la politique. Elle sera successivement Députée socialiste du Pirée en 1978 et Ministre de la Culture de 1981 à 1989. Son principal cheval de bataille sera de récupérer des frises du Parthénon, alors possession du British Museum de Londres, mais sans succès. Entre-temps, elle renoue avec le théâtre et est l’une des interprètes de «Médée» et «L’opéra de quat’sous».
Melina Mercouri est réélue Ministre de la Culture en 1993. Un an plus tard, après une lutte désespérée contre un cancer du poumon, elle dépose les armes. C’était le 6 mars 1994, à New York (New York). La Fondation Melina-Mercouri poursuit aujourd’hui sa lutte pour la préservation des monuments grecs antiques.
© Philippe PELLETIER

| 1955 | Stella, femme libre ( Stella ) de Michael Cacoyannis avec Aleco Alexandrakis |
| 1957 | Celui qui doit mourir – de Jules Dassin
avec Jean Servais
Gipsy ( the gypsy and the gentleman ) de Joseph Losey avec Patrick McGoohan |
| 1958 | La loi ( la legge / the law / where the hot wind blow ! ) de Jules Dassin avec Yves Montand |
| 1960 | Jamais le dimanche ( pote tin kyriaki / Ποτέ την Κυριακή / never on Sunday ) de Jules Dassin
avec Georges Foundas
Prix d’interprétation féminine au festival du cinéma de Cannes, France |
| 1961 | Le jugement dernier ( il giudizio universale / the last judgement ) de Vittorio De Sica
avec Jack Palance
Phèdre ( Phaedra / Faidra ) de Jules Dassin avec Anthony Perkins Vive Henri IV… vive l’amour ! – de Claude Autant-Lara avec Pierre Brasseur |
| 1962 | Les vainqueurs ( the victors ) de Carl Foreman avec George Peppard |
| 1963 | Topkapi – de Jules Dassin
avec Peter Ustinov
Toute la chanson du monde ( canzoni nel mondo ) de Vittorio Sala avec Gilbert Bécaud Seulement apparition & chansons |
| 1964 | Les pianos mécaniques ( los pianos mecánicos ) de Juan Antonio Bardem avec James Mason |
| 1965 | D pour danger ( a man could get killed / welcome, Mr. Beddoes ) de Ronald Neame & Cliff
Owen avec James Garner
10 heures 30 du soir en été ( 10 :30 P.M. summer ) de Jules Dassin avec Peter Finch |
| 1968 | Chicago, Chicago ( gaily, gaily ) de Norman Jewison avec Brian Keith |
| 1969 | La promesse de l’aube ( promise at dawn ) de Jules Dassin avec Fernand Gravey |
| 1973 | The rehearsal / I dokimi – de Jules Dassin avec Laurence Olivier |
| 1974 | Une fois ne suffit pas ( one is not enough / Jacqueline Susann’s once is not enough ) de Guy Green avec George Hamilton |
| 1976 | Drôles de manières ( nasty habits / the abbess ) de Michael Lindsay-Hogg avec Eli Wallach |
| 1977 | Cri de femmes ( a dream of passion / kravyi yinekon ) de Jules Dassin avec Ellen Burstyn |
| AUTRES PRIX : | |
Plaque d’Or aux prix David di Donatello, Italie ( 1965 ) | |



